L’histoire surprenante de la formation de l’île de la Réunion

Les Salazies et le snowpit : Vue depuis le cirque de Salazie. Dessin de P.G. Cassien en 1875 Origine de l’île de la Réunion

La Réunion n’est pas née d’un caprice du hasard. Au cœur de l’océan Indien, une coulée de lave a surgi, bousculant les eaux et dessinant peu à peu une terre nouvelle. Ce volcan, le Piton des Neiges, a grimpé jusqu’à 3 069 mètres et sculpté des paysages spectaculaires, entaillés de ravines profondes et de cirques vertigineux. Avec le temps, la végétation a colonisé ces reliefs, dessinant un écrin de verdure où la vie a pu s’installer.

Les premiers habitants de la Réunion

L’île croise son premier destin européen en 1512, lorsque le navigateur Pero Mascarenhas la découvre. Pourtant, elle demeure inhabitée plus d’un siècle et demi. De rares marins anglais, néerlandais, portugais ou français s’y aventurent, fascinés par sa beauté sauvage, mais aucun ne s’y installe durablement.

Ce n’est qu’en 1638 que le capitaine du « Saint-Alexis » jette l’ancre dans une baie, prenant possession de la Réunion. Douze bannis sont débarqués sur place. En 1649, le capitaine Lebourg rebaptise l’île « Bourbon » en hommage à la dynastie régnante en France. Après une période d’abandon, en 1663, deux Français et sept Malgaches s’y installent ; puis, en 1665, vingt nouveaux colons arrivent pour cultiver le riz, le blé et le tabac. Peu à peu, la vie s’organise, et Saint-Denis finit par se relier à Paris.

Pour donner un aperçu des liens établis et des transformations sociales, voici quelques faits marquants :

  • Paris, Saint-Denis-de-la-Réunion par Corsair.
  • L’esclavage à Bourbon.

L’excursion du sieur Olivier Du Bois aux Iles Dauphines, Madagascar et Bourbon, 1897 ****2Ile de la Réunion/Carte créée par Paul Lepervanche, complétée et mise à jour par M. Ulysse Robert. 1906, Bibliothèque Nationale de France, Division des cartes et des plans, GE C-3624 Population

À cette époque, deux cents personnes, parfois envoyées contre leur gré, s’installent sur l’île. Parmi elles, cinq femmes fondent des familles avec leurs compagnons. Vers 1689, la France cesse de s’intéresser à ce petit groupe, composé d’Européens, de flibustiers à la retraite et d’esclaves. Il faudra attendre 1715 pour qu’un navigateur de passage y introduise les premières graines de café, donnant un nouvel élan à l’économie locale. La population croît rapidement : 580 habitants en 1735, 2 538 neuf ans plus tard. Les aménagements se multiplient : rues, casernes, port de Saint-Denis… la ville prend forme, la société s’organise.

Mixité

Les colons blancs, peu enclins aux travaux agricoles ou artisanaux, peinent à prospérer et cèdent leurs terres. En 1779, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 22 611 esclaves venus de Madagascar et d’Afrique pour 6 500 Blancs seulement. La Réunion traverse alors des épidémies dévastatrices. Pour pallier la chute démographique, des Indiens et des Chinois sont recrutés. Ils apportent leurs savoir-faire, ouvrent des boutiques et contribuent à la vitalité économique de l’île.

Réunion d’aujourd’hui

Ce brassage a façonné la Réunion d’aujourd’hui : la diversité des couleurs de peau, la richesse des langues,le créole en tête. L’Afrique a laissé la trace de la Maloya et de la Sega, musiques vibrantes qui résonnent encore. Prendre un vol pour St-Denis de la Réunion, c’est découvrir une île où les cultures s’entremêlent et où chaque visage raconte une histoire singulière.

ArticleInvité