Organiser un circuit à Bali sans finir par enchaîner les mêmes spots que tout le monde, c’est la vraie difficulté. On peut passer deux semaines sur l’île et repartir avec l’impression d’avoir vu Bali à travers un filtre Instagram, ou bien construire un itinéraire qui alterne rythmes, altitudes et ambiances. Tout se joue dans le séquençage des étapes et le temps qu’on accorde à chaque zone.
Circuit à Bali : le piège du parcours linéaire sud-nord
La plupart des voyageurs débarquent à Denpasar, filent vers Ubud, remontent au nord puis redescendent. Ce trajet en ligne droite a un défaut majeur : il impose des transferts longs sur des routes étroites et laisse peu de marge pour l’imprévu. La circulation balinaise transforme un trajet de quarante kilomètres en une demi-journée perdue.
On gagne en confort à découper l’île en deux ou trois boucles courtes plutôt qu’un seul axe. Poser ses affaires dans une base (Ubud pour le centre, Amed ou Lovina pour le nord) et rayonner autour permet de limiter les bagages et d’explorer à scooter ou en voiture avec chauffeur sur des distances raisonnables.
Ce découpage en boucles offre aussi un avantage rarement mentionné : on peut ajuster le programme en fonction de la météo. La côte est reçoit moins de pluie que le centre de l’île à certaines périodes, et inverser deux journées dans une boucle courte ne coûte rien en logistique.
Séjour à Ubud : dépasser les rizières de Tegallalang
Ubud reste le cœur culturel de Bali, et lui consacrer trois à quatre nuits est un minimum pour sortir du circuit touristique classique. Les rizières de Tegallalang méritent le détour, mais elles sont bondées en milieu de journée. On les parcourt tôt le matin, avant que les groupes n’arrivent.
Les temples autour d’Ubud valent autant que la ville elle-même. Le Pura Gunung Kawi, taillé dans la roche au fond d’une vallée, impose une descente de plusieurs centaines de marches. Le temple de Sebatu, beaucoup plus calme, permet d’observer des cérémonies de purification sans la foule de Tirta Empul.
Pour adapter l’itinéraire à des envies précises, plongée, trekking, temples ou farniente, passer par un circuit sur mesure à Bali permet de caler les hébergements et les transferts sans perdre de temps à tout organiser soi-même.
Pour les repas, on évite les restaurants face aux rizières (prix gonflés, qualité moyenne) et on privilégie les warungs dans les ruelles au nord de la ville. Les saveurs y sont plus franches, les portions plus généreuses.
Excursions à la journée depuis Ubud
Depuis Ubud, trois excursions fonctionnent bien sans épuiser la journée :
- Le mont Batur au lever du soleil, avec retour avant midi pour profiter de l’après-midi à Ubud. La randonnée reste accessible à condition de partir vers deux heures du matin.
- La cascade de Tukad Cepung, encaissée dans une gorge, où la lumière filtre de façon spectaculaire en fin de matinée. On y accède en moins d’une heure de route depuis Ubud.
- Le village de Sidemen, à l’est, pour des rizières moins fréquentées que Tegallalang et un panorama sur le mont Agung quand le ciel est dégagé.
Plages de Bali : choisir sa côte selon ce qu’on cherche
Le sud de Bali concentre les plages les plus connues : Kuta, Legian, Seminyak. On y trouve du surf, de l’animation, des bars de plage. C’est aussi la zone la plus urbanisée de l’île.
Pour un circuit équilibré, mieux vaut ne pas y passer plus de deux nuits. Seminyak offre un bon compromis entre accessibilité (proche de l’aéroport) et qualité de vie, avec des restaurants soignés sans l’ambiance festive de Kuta.
Jimbaran mérite une soirée pour ses restaurants de poisson installés directement sur le sable. On y dîne face au coucher de soleil, les pieds dans le sable, pour un budget raisonnable si on choisit les établissements en retrait de la première ligne.
Nusa Dua ou la péninsule de Bukit
Nusa Dua convient aux voyageurs qui veulent des plages calmes et des hôtels bien équipés. La péninsule de Bukit, juste à côté, cache des plages plus sauvages accessibles par des escaliers raides (Pandawa, Melasti). C’est sur la péninsule de Bukit qu’on trouve les plus belles plages du sud, à condition d’accepter l’effort physique pour y descendre.
Nusa Penida dans un circuit Bali : combien de temps y consacrer
Nusa Penida attire pour ses falaises, ses points de vue et ses eaux claires. Les speed boats partent de Sanur et la traversée dure moins d’une heure. On peut techniquement y aller à la journée, mais c’est frustrant : les routes de l’île sont en mauvais état et les distances entre les sites prennent du temps.
Deux nuits sur Nusa Penida permettent de couvrir l’ouest et l’est de l’île sans passer la journée dans un véhicule. L’hébergement y est plus simple qu’à Bali, mais les options se sont multipliées ces dernières années. On trouve des guesthouses correctes près de Crystal Bay et autour du port de Toyapakeh.
Les retours varient sur la qualité des routes à l’est de l’île, notamment vers Atuh Beach. Certains voyageurs trouvent le trajet éprouvant, d’autres jugent le point de vue largement à la hauteur de l’effort. Louer un scooter reste l’option la plus flexible, à condition d’être à l’aise sur des pistes non goudronnées.
Durée idéale et enchaînement des étapes d’un circuit à Bali
Deux semaines représentent le format le plus cohérent pour couvrir Bali et une excursion à Nusa Penida. En dessous de dix jours, il faut trancher : soit le sud et Ubud, soit Ubud et le nord. Vouloir tout voir en une semaine, c’est collectionner les transferts et survoler chaque étape.
Un enchaînement qui fonctionne bien : arrivée à Seminyak (deux nuits pour s’acclimater), puis Ubud (quatre nuits avec excursions), Nusa Penida (deux nuits), retour sur Bali côte est ou nord (trois nuits), et fin de séjour à Jimbaran ou Nusa Dua avant le vol retour.
Le dernier point à ne pas négliger : garder au moins une journée sans programme. Les meilleurs souvenirs de Bali viennent souvent d’une cérémonie croisée par hasard, d’un warung découvert en se perdant ou d’une conversation avec un chauffeur qui suggère un détour. Un circuit trop verrouillé prive de cette marge, et c’est elle qui fait la différence entre un bon voyage et un voyage qu’on recommande vraiment.

